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juin 2024

Interview Jean-Baptiste Dubié

En exclusivité

Interview Jean-Baptiste Dubié

“Loin des yeux mais près du cœur”, Jean-Baptiste Dubié quitte tout après neuf années passées en Gironde. À l’issue de la Coupe du monde de rugby 2023 : un dernier défi de « joker Coupe du monde » et le voilà parti de l’autre coté du globe. L’ancien joueur professionnel de l’UBB vit aujourd’hui un nouveau challenge et le rêve de sa vie, vivre en Australie.

Un retour sur sa carrière, ses passions et projets futurs, “Boulou” se confie dans une interview pleine de bonne humeur et de sincérité.


Peux-tu nous raconter comment tu as débuté dans le rugby et ce qui t’a motivé à choisir ce sport ?

J’ai une famille issue du rugby, je suis né dans les Pyrénées, là-bas c’est le ski et le rugby. Mon père a joué au rugby toute sa jeunesse, même jusqu’à avoir un bon niveau, mon oncle également. Du côté de ma mère avec ses 3 frères, ils ont tous joué au rugby, c’est très ancré, naturel. Tout tournait autour de ce sport, si ça avait été une autre époque, ma mère aurait joué au rugby je pense. Quand j’étais à l’école, à 3 ans je m’étais déguisé en Serge Blanco au carnaval, on ne peut plus le faire maintenant car je m’étais peint le visage, mais même à trois ans, je voulais être rugbyman. En plus, ma mère avait envoyé la photo à Serge Blanco qui m’avait renvoyé une carte.

Tu as joué au centre pour l’Union Bordeaux Bègles (UBB). Quelles sont, selon toi, les qualités essentielles pour jouer à ce poste ?

Quand je suis arrivé, je jouais à la fois au centre et à l’aile. Je faisais mes quatre premières années entre les deux et après je me suis installé au centre car c’était un peu mon poste de prédilection, celui que j’appréciais le plus. La première qualité au centre, c’est qu’il faut aimer plaquer, la défense, le contact physique, c’est certain. Il ne faut pas hésiter à mettre son corps à rude épreuve. Dans ma perception du poste, c’est plus une question de savoir bien faire jouer les autres, jouer juste pour pouvoir mettre les autres, les arrières notamment, dans l’intervalle. C’est plus un jeu de précision par rapport aux jeux de passes et aux courses de soutien. C’est un poste “hyper” intéressant.

Quels ont été les moments les plus marquants de ta carrière jusqu’à présent ou si tu te souviens d’un moment particulier sur le terrain, qui reste gravé dans ta mémoire ?

Les premiers moments qui ont marqué ma carrière et mon histoire dans le rugby, c’est le titre de champion de France en junior avec les copains. C’était un moment fort parce qu’on était une équipe de copains, pas du tout prédestinés à être champions et on l’a fait. Assez rapidement on a basculé sur le circuit pro, et j’ai enchaîné mon premier match pro à 18 ans, au stade Mayol complètement rempli. C’était la période où Toulon avait toutes ses stars. Nous, on avait été quelques-uns à jouer avec les pros. Mon premier match, j’avais mon deuxième ballon et je marque un essai sur une interception donc forcément ça a marqué ma carrière et mon histoire. Le premier était vraiment très fort. Même quand je revenais jouer à Toulon, j’avais toujours ce souvenir qui était bien précis, ça me faisait à chaque fois quelque chose, donc oui je pense que c’est celui-là qui m’a marqué le plus.

Comment as-tu vécu la fin de saison en tant que « joker » à Bordeaux ?

Je l’ai vraiment très bien vécu, j’étais en fin de contrat 2023, après j’avais vraiment en tête de partir à l’étranger et de pouvoir vivre une expérience, j’en rêvais depuis des années et ça tombait bien. Je ne pouvais pas beaucoup tarder, j’avançais dans l’âge et ça demande quand même beaucoup de sacrifices, par rapport au fait que je ne suis pas seul, nous sommes deux à prendre les décisions car j’ai embarqué ma femme dans le projet. Tout s’est bien passé car tout s’accordait bien, ça me permettait de terminer en novembre et puis de partir. Ça s’est fait de façon très simple et naturelle avec Laurent et le staff qui arrivait. J’ai savouré chaque instant à partir du moment où j’ai attaqué cette saison 2023-2024, ça a été vraiment que du bonheur, malgré la souffrance physique due à la fatigue, ça s’est clôturé de la meilleure des façons, c’était super.

En parlant de départ, comment tu l’as vécu à la gare de Bordeaux ?

Ça s’est fini de la meilleure des façons, durant le match j’ai eu un hommage incroyable du stade, du président, de tous les gens qui bossaient à l’UBB. Il y avait toute ma famille donc ce dernier match a été très fort. J’ai eu un départ en fanfare (rire), ma femme et Nans ont géré cette surprise. C’était grandiose et riche en émotions, même si c’était un moment un peu dur car nos familles présentes savaient qu’on partait pour un petit moment. C’est toujours dur pour les mamans de laisser partir leurs enfants. Ça s’est transformé en super moment, il y avait des larmes de joie, ce sont de très, très bons souvenirs.

Toi qui es très ami avec Nans Ducuing justement, peux-tu en dire plus sur sa prolongation, histoire de répondre à toutes les interrogations ?

(rire) Ah et bien non je ne peux pas, enfin si, je sais peut-être… Mais je n’en sais rien. Aux dernières nouvelles ce que je peux dire, c’est que je l’ai aidé à faire son visa pour venir en Australie, je n’en dis pas plus…

On te surnomme « BOULOU », peux-tu nous expliquer la raison ?

Ça vient d’un de mes oncles depuis que je suis petit. Avant, j’étais plutôt très solide, ma maman m’a bien nourri et jusqu’à l’âge de cinq ans, j’étais bien costaud, pas forcément destiné à jouer derrière quand on me voyait. Heureusement, “Dieu soit loué”, je me suis affiné et j’ai pu jouer devant. J’ai commencé par être une boule et c’est pour cela qu’on m’a appelé « Boulou ».

Ambassadeur Budgy ? Une opportunité imprévue ou une collaboration volontaire ?

C’était une “méga” opportunité, ça nous permettait avec Nans d’exprimer notre talent dans la connerie, surtout qu’on avait carte blanche. Nous les avons rencontrés, ils venaient d’Australie, on nous a mis en relation avec le patron de Budgy en Australie et ça s’est fait de façon naturelle. Il nous a dit “vous nous faites rire, on nous a dit que vous étiez drôles, on est “chaud” pour vous sponsoriser, faites ce que vous voulez”. Ça a été très simple et c’est grâce à eux que je peux aussi vivre cette expérience, car ma femme et moi travaillons pour eux, en Australie. L’histoire est jolie à raconter, nous sommes devenus amis en créant de beaux souvenirs, c’est génial !

En dehors du rugby, as-tu des passions ou des activités que tu aimes pratiquer ?

J’adore boire des cafés en terrasse, j’aime beaucoup et je suis servi car en Australie il y en a des différents à tous les coins de rue. Après, la terrasse me manque un peu, ils ne sont pas très terrasses comme chez nous. Mais oui, m’installer boire un café le matin, peut-être un petit rosé en fin d’après-midi avec des copains et ma femme, ça c’est vraiment mon kiff. Après j’aime beaucoup le sport, me dépenser, nager dans l’océan, les choses simples. Surtout manger, j’aime la restauration.

Justement en parlant de restauration, quelle va être la première chose que tu vas faire à votre retour en Gironde ?

Alors c’est pas compliqué, j’ai déjà fait une carte menu à envoyer à ma mère avec tout le repas qu’on aimerait manger à mon retour, des repas plutôt sud-ouest car de mon côté c’est très sud-ouest. Nous avons fait une autre liste à la grand-mère d’Alexia, qui est plus du sud-est pour le côté de chez elle. Pour avoir tous les côtés, après on va faire le tour de nos familles, nos copains. On va regrouper tout ça et faire des repas pour se retrouver tous ensemble en mangeant et en buvant, c’est ce qu’on aime !

As-tu un message pour tes fans et aux supporters de l’UBB ?

J’espère que les supporters se régalent à regarder l’UBB, je vois qu’ils sont de plus en plus nombreux, c’est top. Il y a encore plus d’émulation autour de cette équipe, ce qui est logique au vu du jeu qu’ils proposent. Je leur souhaite de pouvoir fêter un titre au mois de juin, ça serait vraiment “the cherry on the cake” comme on dit ( rire ).

Si tu pouvais inviter 5 joueurs de rugby français chez toi à dîner, à qui penserais-tu pour passer un bon moment ?

( rire ) Bon déjà Nans Ducuing sinon il me fera la gueule, ensuite pour ce qui est du breuvage je vais mettre Rémi Lamerat, très grand joueur de beach rugby, j’espère que vous allez le faire jouer un petit peu (rire). En troisième, je vais mettre un bon François Trinh-Duc, parce que ça, ça fait toujours plaisir. Ensuite, je vais rajouter Julien Tastet et après, je ne sais pas parce que là il y en a un “paquetas”… Je ne veux pas me tromper sur le cinquième, c’est dur, je vais en oublier, mais je vais mettre Kuzbik, et là ça régale.

Un petit message à faire passer à tes copains bordelais avant le match contre Oyonnax ?

J’espère de tout cœur une victoire, pour le dernier match à la maison et d’autant plus que je pense qu’ils vont célébrer quelques partants, j’en suis même persuadé. S’ils peuvent avoir la chance que j’ai eue, de pouvoir jouer un dernier match et le gagner pour pouvoir dire adieu au stade, à leurs supporters et à leur famille. C’est tout le bonheur que je leur souhaite car je l’ai vécu et c’était juste incroyable, voilà très simple ! »